SAWA- Témoignages -2015 - Quelques réflexions recueillies sur les lieux de prostitution
Témoignages

Voici quelques phrases exprimées par des personnes lors des rencontres sur les lieux de prostitution et recueillies par les volontaires de Sawa.

Beaucoup de personnes se prostituent pour avoir de l’argent (pauvreté économique et familiale) :

 « Je ne veux pas gagner 50 euros pour 8 heures de nettoyage » ;

 « Ici, j’ai à manger, des cigarettes, un appartement et un téléphone pour appeler ma famille » ;

 « Pourquoi je suis là…temps perdu, vie perdue…mais comment vivre sans argent ? Ma famille et mes enfants attendent mon argent » ;

 « Ici, c’est vraiment du temps perdu… Pourquoi je suis là ? Pour rien… et mes enfants sont chez moi, loin » (une roumaine) ;

 « L’argent c’est rien, mais c’est la société qui veut ça » ;

 « Mon homme, il est à la maison, il fout rien ».

 Très vite, la prostitution d’un jour devient toujours, c’est l’engrenage :

 « Beaucoup d’étudiantes le font aussi aujourd’hui. C’est pas bon… La prostitution, si vous commencez vous n’en sortez jamais » ;

 « J’ai 60 ans aujourd’hui, je suis heureuse parce que je travaille ici si je veux et quand je veux mais j’ai commencé la prostitution quand j’avais 24 ans. Eh bien je le dis aussi : j’ai raté ma chance de fonder une famille, de faire autre chose ! Dommage qu’à l’époque on n’avait pas de soutien ».

 « J’ai 40 ans… Les années passent ».

 D’autres souffrent de la dureté de la vie et disent leur solitude dans la prostitution :

 « La vie, toujours c’est dur » ;

 « Mon chien vient près de moi quand je suis triste, un chien ça sent quand vous êtes triste » ;

 « J’ai peur toute seule, une autre a reçu 5 coups de marteau il y a quelque temps » ;

 « Je mets des miroirs partout, tu dois toujours surveiller » ;

 « La vie, c’est travailler et dormir » ;

 « C’est chacune pour soi, on se dit bonjour mais on ne se connaît pas » ;

 « Non je n’ai pas d’enfant et je n’en veux pas avec ce métier ».

 « Je ne veux pas avoir un mari qui accepte mon travail… je préfère vivre seule » ;

 « Mon compagnon sait que je suis prostituée, sa mère l’était, mais on n’en parle jamais ».

 Certaines recherchent une écoute, d’autres aspirent à quitter la prostitution :

 « Parfois, ça fait du bien moralement d’être simplement écoutée, oh oui » ;

 « Une petite année encore et je ne suis plus ici » ;

 « Si je trouve du travail, j’arrête ça tout de suite ! » ;

 « C’est pas un travail ça » (une roumaine) ;

 « Je parle beaucoup, c’est bien de parler, merci, merci » ;

 « C’est mieux un travail normal » (une bulgare) ;

 « Très bon la camionnette sur place… et le petit café ! » (une africaine) ;

 « Maintenant je suis libre de pouvoir parler de mon travail avec d’autres (une nigériane qui a trouvé un travail en dehors de la prostitution).

 « Ma mère me dit que ce n’est pas un métier pour moi, j’aimerais arrêter mais… (une belge, elle a arrêté de se prostituer le mois suivant).


 

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